Le chemin de Saint Jacques : du Puy en Velay à Tonneins

21-11-2006

Préface

Nous avons pensé à toi maman Denise

A vous amis coureurs et vététistes pour votre soutien

Nous avons mouillé nos yeux à la source pour tante Suzette

Nous avons écrit sur le livre d’or un mot à Alain

Merci à Christiane pour son attente

Merci à la voiture d’assistance avec Aline et Jeanine

qui nous a conduits au Puy et rejoints à Lauzerte

Merci à nos familles pour leur accompagnement

Merci à toi Jean Claude, fidèle compagnon

Posté par Robert Louis à 19:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]


28-11-2006

Les étapes

Du 14 au 22 juillet 2006

                                                                                                 Distance    Dénivelé 

      

1ère étape   Le Puy en Velay     ð    Monistrol – d’Allier  30,4 Km         600 m       

2ème étape  Monistrol     ð          Aumont d’ Aubrac           57,4 Km         1350m 

                    par Saugues et Saint Alban-sur-Limagnole

3ème étape    Aumont d’Aubrac         ð          Espalion        65,9 Km         820m 

                    par Nasbinals et Saint Chély d’Aubrac

4ème étape    Espalion        ð        Conques                         47,4 Km         950m   

                     par Golinhac

5ème étape    Conques           ð         Figeac                         51,1 Km         1100m

                       par Livinhnac -le- Haut

6ème étape    Figeac           ð          Laburgade                    73,3 Km         855m

                      par Cajarc, Limogne et Varaire

7ème étape   Laburgade        ð         Lauzerte                     61,0 Km         695m

                       par Cahors et Lascabanes

8ème étape Lauzerte       ð        Valence d’Agen                 46,3 Km         575m

                       par Moissac

9ème étape Valence d’Agen         ð         Tonneins             73 Km            00m          

                      le long du canal latéral à la Garonne                                  

                                                                                  Kilométrage total   580 km

Posté par Robert Louis à 17:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Il est 18 heures ce 14 juillet 2006, jour de Fête Nationale.

Est-ce un jour bien choisi pour partir ?

Est-ce une heure raisonnable pour commencer un tel raid ?

Certainement pas  le jour ; il était plutôt aux défilés ou aux bals de quartier.

Certainement pas l’heure ; les randonneurs partent à la fraîche

Nos jambes et nos esprits sont déjà sur le chemin. Voilà plus d’un mois que le projet chemine dans nos têtes : préparation physique un peu (pas assez aux dires de chacun), préparatifs : bagages légers (étapes longues ), nourriture adaptée, matériel de réparation etc…Rien ne doit être laissé  au hasard.

La route a été longue. Nous sommes enfin au Puy en Velay. Malgré l’heure tardive une visite s’impose. Les ruelles de la vieille ville sont désertes. Seules quelques boutiques proposent les spécialités locales : la dentelle qui tient une place importante dans l’histoire  de la cité et les lentilles. Incontournables, les marques rouge et blanche du GR; il s’agit de la signalisation des sentiers de Grande Randonnée, nous conduisent au pied de la cathédrale dans laquelle se trouve la statue du pèlerin de St Jacques de Compostelle. Nous devons faire les photos pour la postérité les pèlerins matricule 2551et 2552.

Enfin les vélos quittent le hayon de la voiture. En pleine rue, les sacoches sont fixées sur le vélo, le sac à dos est rempli,  pas trop diront les puristes. Voyons, n’oublions rien : gants, lunettes, bidons et eau,  les papiers, la carte d’identité et la carte vitale.

Dernière photographie : les au revoir avec notre chauffeur, nous voilà partis vers le désert ou des contrées inhabitées peuplées de gens qui cheminent. Le chemin s’élève rapidement. Il devient difficile : nous mettons pied à terre. La vue est magnifique. : des pitons volcaniques avec leurs édifices déposés en leur sommet au dessus d’un entrelacs de maisons  aux  toitures en ardoise .Nous poussons nos montures. Ce ne sera pas aussi facile que nous l’avions imaginé. L’étape n’est pas longue,  seulement

30 km

. Mais le profil et les cailloux du sentier, les premiers problèmes techniques (porte bagages et selle qui bougent) nous obligent à poser souvent le pied à terre. La sacro sainte moyenne va chuter.

Une longue descente nous entraîne vers le camping de Menistrol sur Allier .La rivière et les gorges ne seront pas loin de notre premier campement. Pas de temps à perdre, le rituel sera le même tous les soirs : monter la tente, se doucher et aller  manger. La pizza « désirée » mettra un certain temps à venir dans notre assiette. En effet, il est 22 heures, des airs de musique animent le bal du 14 juillet, les  feux d’artifice sont tirés. Rien de tel pour bercer le sommeil de nos deux cyclistes.

Posté par Robert Louis à 17:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

C’est le deuxième jour.

Tout va bien.  Les yeux  embués par une nuit peu réparatrice.

Le campement levé, une nouvelle étape nous attend :

65 km

et

1350 mètres

de dénivelé. Ce sera dur mais nous avons la foi …..nous avons foi en nos mollets et notre volonté d’aller au bout. Pendant notre petit déjeuner nous avons droit à une leçon de VTT par un couple de spécialistes. » Ce qu’il ne faut pas faire : se charger d’un sac à dos. (Cela confirme ce que nous savions déjà).. Présentation du matériel :

Voici la  tente Maréchal spécialement prévue  pour protéger l’engin et l’homme.  J’ai le matériel  pour réparer ceci ou cela…. Et vous ? …Bonne route «  ….nous considérant comme des illuminés de la route ou des néophytes en la matière.Il en aurait fallu beaucoup plus pour entamer notre capital confiance. Il a, cependant, mis quelques doutes dans nos esprits.

Le pont franchi sur l’Allier, le chemin s’élève déjà  Les conseils sont répétés. L’étape sera longue. Elle servira de test. Il faut s’échauffer. « Mouline, mouline, Robert » lance J C   « Il

ne faut pas s’épuiser à la première difficulté de la journée »  Le petit pont  et le village sont encore endormis au fond de la vallée bien que le soleil soit haut  à cette heure..

Quelques marcheurs, seuls ou  par petits groupes  de 3 ou 4, parfois plus, sont rejoints et dépassés  avec un bonjour, un bon chemin ou une bonne route. Nous avions décidé, que notre périple irait à la rencontre du peuple des marcheurs. Pas facile, me direz vous, le rythme de déplacement n’est pas le même. Nous nous arrêtons pour un échange plus long …plus loin quelques mots à la volée. Ils sont très respectueux de l’autre et quelque peu admiratifs des seuls vététistes  qu’ils disent avoir rencontrés.

Nhous dépassons un groupe de six jeunes qui avancent en chantant des cantiques.

Nous avons une des réponses à nos questions sur les pèlerins du chemin :

Qui étaient –ils ?

Que venaient-ils chercher sur le chemin ?

                                                                                     Et nous…


Stop, pied à terre, le chemin devient pierreux  puis suivent une quinzaine de marches.

Une pose pour échanger avec un jeune couple : ils sont admiratifs de notre expédition .Nous sommes stupéfaits du volume important de leurs sac à dos avec une épingle à linge tout simplement pour faire sécher le linge sur le dos du porteur. Sympathiques jeunes qui nous proposent leur aide pour passer l’obstacle des marches. Notre honneur et la valeur de notre pèlerinage en auraient souffert. . Nous devrons nous mettre à deux  (l’un tirant, l’autre poussant) pour faire avancer nos « bourriques  batées » .C’est ainsi que nous atteignons le sommet des marches. Le chemin devient plus roulant. Nous dépassons SAUGUES et sa tour des Anglais, après avoir acheté la seule denrée qui nous manque : le pain. En effet, les sacoches sont pleines Nous pouvons traverser le « désert de l’Aubrac » et échapper à la bête du Gévaudan.

Les marcheurs partis de très bonne heure sont rejoints et dépassés. Un groupe de jeunes vététistes (quinze enfants et leurs deux moniteurs) en colonie de la région nantaise, conscients de la difficulté du chemin, semblent imaginer l’ampleur de  la tâche qui nous attend

Au pied de la tour de

la CLAUZE

, les deux  s’allongent sur l’herbe rase. La vue est belle, le soleil a endormi les quelques maisons et les restes d’un château  en partie restauré.

Le calme est de courte durée, voilà nos jeunes criants, soufflants, épuisés mais bien vivants

qui investissent les lieux .

Deux pèlerins  ne pouvaient pas faire changer les plans de l’étape du midi.

Le sommeil léger de JC est entrecoupé des rires et  ébats des enfants que les deux moniteurs ont bien du mal à contenir. Ceux-ci s’aventurent même dans un cours d’histoire sur l’origine et le rôle des tours.

L’heure est encore chaude, nous devons partir si nous voulons respecter la feuille de route.

AUMONT D’AUBRAC, nous arrivons au village. Triste réalité pour nos cyclistes fatigués le camping  est à

3 kilomètres

de montée. Peu de monde, rien d’étonnant vu l’état des sanitaires.

Installation du campement avant l’orage qui gronde, puis retour au village pour déguster un aligot saucisse bien local.

La deuxième nuit s’annonce bruyante. En effet  la noce dans la salle des fêtes voisine se termine à l’aube par un départ en fanfare des convives.

Posté par Robert Louis à 17:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Troisième jour 

Nos vélos attirent  toujours,  ici un vieux  pédaleur est heureux de discuter de ses exploits passés et de prendre des nouvelles de notre itinéraire.

Le programme de la journée : 3 étapes de marche avec un dénivelé de

820 m

  soit 66km

« Journée test » lance JC. « Le troisième jour  est le jour le plus difficile «   lui rappelle RB

Comme chaque matin nous mettons rapidement pied à terre, nous poussons le vélo, notre visage ruisselle  de sueur, le sac à dos colle nos habits sur le dos. Le chemin  traverse,  longe  les pâturages. NASBINALS est dépassé.  Nous suivons les drailles, chemins bordés de murets ou de clôtures, pour la transhumance  des troupeaux sur le plateaux de l’Aubrac .

Les vaches de la race du même nom, au regard langoureux, sont plus occupées à brouter l’herbe qui jaunit, qu’à regarder les pèlerins passer. A l’une d’entre elles qui lève la tête, JC sous le charme,  adresse un «  tu sais t’as de beaux yeux » Elle semble apprécier le compliment  bien plus que le taureau  qui s’approche. Il y avait  un brin de jalousie, je pense.

Ayant quitté le chemin pour la route, nous rencontrons un équipage fort sympathique à l’ombre.

Un âne bâté, une grand-mère et deux petites filles ont du s’éloigner du sentier car leur fidèle animal, d’un âge respectable (14 ans) refusait de passer à certains endroits.

Quel plaisir d’imaginer les souvenirs qu’il resterait à ces deux jeunes d’une telle aventure !

Car la mamy nous apprit que le papy  avec trois garçons poursuivait le chemin jusqu’à  un rendez- vous  prochain.

Je me revois enfant. Je me souviens du  plaisir qui était le mien lors de jeu de piste organisé en pension. Ce n’était pas le bonheur offert à ces enfants par des grands parents attentionnés. J’ose imaginer un tel voyage avec une grand mère maternelle ou un grand père paternel que j’aimais beaucoup. 

Les fontaines différentes les unes des autres sont toutes fleuries. Notre provision d’eau est renouvelée à chacune d’elles.

  Un tapis vert à perte de vue, un peu vallonné, parsemé de blocs rocheux ou de quelques burons et fermes éparses viennent ajouter un charme. Le regard ne se lasse pas de contempler cette immensité.

«  Entre Nasbinals et Aubrac le VTT est rendu pénible par le passage de clôtures , dit le guide ? Suivez plutôt

la D

987 >> .

Comme tous les matins, réunion au sommet, guide en main, je propose à JC. le programme de la journée. Le directeur sportif propose à son poulain : première partie  sur le chemin (nous verrons bien pour les clôtures) , deuxième partie par la route AUBRAC – ST CHELY

Le village d’Aubrac planté au milieu des pâturages est une oasis pour les marcheurs et les touristes en voitures ou en bus qui convergent, en cette fin d’après midi bien grise. L’arrêt est de courte durée, le temps est incertain, il faut repartir.

La route, l’asphalte, la descente, nous dévalons chargés à 60 km/heure, ivres de vitesse, les yeux rivés sur la route mouillée et le chronomètre. Quel  bonheur !!!  le casque serait fort utile en cas de chute . Des raisons de confort, plutôt que d’esthétique, nous ont fait préférer la casquette plus adaptée aux fortes chaleurs .Après ST CHELY, le dérailleur de JC. fait des siennes. Un bout de ficelle, nous voilà repartis.

Malgré les ennuis techniques, la descente sur ESPALION  est un vrai régal de vététiste. Un parcours technique que nous négocions sans poser le pied à terre ou presque. Bien que fatigués, nos montures et leurs cavaliers évitent pierres et racines, sautent et dévalent  bosses et trous, virent et tournent à droite à gauche, les doigts rivés sur les freins. Le corps basculé en arrière nous  dévalons un dénivelé important  durant  30 minutes de plaisir.


Il nous reste quelques kilomètres le long du Lot. JC accepte non sans peine de  s’accrocher à mon épaule  ….son dérailleur, bien sûr, nous l’avions un peu oublié dans la descente.

Une piscine fermée, le camping, son aimable gérant nous attendent. Il est tard. Notre souci est la réparation du cycle à  ESPALION. .. Demain lundi tout est fermé. Dilemme : réparer … ne pas attendre  et tenir le contrat, finir à LECTOURE ou EAUZE dans le Gers.

Un réparateur sympathique et compréhensif ouvre aux deux pèlerins en galère. Trois photos d’une maison bourgeoise  et un beau pont, nous voilà repartis.

Nous devons manger …notre  « pain quotidien »

Soufflants, suants, il nous faut toute l’énergie pour franchir marches naturelles et lacets encaissés. Les marcheurs nous rattrapent pas peu fiers  de leur exploit.

Un pèlerin, d’un genre particulier, tractant une valise munie de bras , équipée d’une roue, nous dépasse aussi .La montée du matin à pied dure plus de 2 heures , seulement 12km  parcourus ; midi a déjà sonné depuis longtemps au clocher d’ESTAING,un des plus beaux villages de France .

Au bord du Lot, le pont romain, les maisons aux toits d’ardoise adossées  à l’église et au château donnent  à l’ensemble des allures de cartes postales.


Il est 13 heures passé, les troupes sont fatiguées. Il est vrai qu’un soleil plonge les gorges,  peu profondes  mais verdoyantes dans une léthargie pesante.

                  Après un repas rapidement avalé

                  Allongé Jean Claude s’est endormi.

                  La chaleur a cloué nos vélos aussi

                  Rien ne vient troubler la tranquillité

                  Seul  un oiseau  berce la sieste,

                  Plus bas un filet d’eau murmure

                  Des cris d’enfants  sur l’autre rive

L’endroit est propice  à la baignade et à l’abri de tout regard indiscret, car nous sommes

en tenue d’Adam .Quinze heures, le soleil est encore très très  chaud. Heureusement la route de la vallée  est ombragée. Nous n’avons plus d’eau, l’occasion rêvée pour questionner un paysan à la retraite. Il nous raconte le temps ou toutes les terres étaient cultivées. Il a même laissé sa vigne en friche et vit en ermite  dans la maison familiale. Un  jeune et grand éleveur de chèvres ou vaches, je ne sais plus, transforme le lait en fromage qu’il commercialise sur les marchés de la région. Il utilise  les terres les moins pentues, les autres ont été reprises par la nature.

Nous arrivons  à CONQUES, haut  lieu et étape incontournable du chemin de St Jacques. Le camping près de la rivière est au pied de la ville historique.

                                                                                        Bain et étirements,  nos corps sont ravis de tant de soins.

JC accepte, même,  pour la première fois les bienfaits d’un massage !  De quoi avait-il peur ???

Nous mangeons, comme chaque soir, au restaurant, seule entorse à notre raid en autonomie  avec la boisson anisée que nous nous accordons. Ce soir, la situation est privilégiée. Nous sommes assis à quelques mètres du parvis de la cathédrale  profitant du bout de l’oreille des explications très documentées d’un frère sur le tympan du portail d’entrée. Aussitôt qu’il a fini, nous entrons dans la basilique qui s’illumine et met en évidence chapiteaux et tribunes. Ce lieu de prières, où s’élève les sons d’un piano, d’un orgue et d’un violon, est propice au recueillement et à la méditation.

Posté par Robert Louis à 17:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Mardi  18,

La stratégie de l’étape est décidée : deux  étapes et demie de marche suivies d’une nuit en gîte. Encore un  départ difficile, nous poussons, soulevons  la machine, zigzaguons entre les rochers pour arriver à la chapelle de la sainte Agenaise : Ste FOY.

Nous avons sur CONQUES une vue splendide. Nous écrivons sur le livre d’or, quelques lignes en souvenir et en prière pour notre ami commun.

                              A toi cette pensée  ami blessé

                              Qui volontiers aurait pédalé

                              Heureux en notre compagnie

                              Sur les chemins de St JACQUES

LIVIGNAC LE HAUT s’est endormi. Heureusement la boulangerie est encore ouverte. Les volets des maisons sont clos pour se protéger de la chaleur de midi. Au pied de l’église, je mijote à JC  un bolino que nous dégustons avec plaisir. Nous allons avancer jusqu’au prochain village pour une sieste à l’ombre et près d’un robinet. L’église pourrait être un lieu frais, source d’inspirations pour votre serviteur.

Elle est fermée….. Le repos est de courte durée.  FIGEAC est encore loin. Il faut arriver avant la fermeture de la boutique de cycles : nous avons besoin d’une clé pour tendre les rayons. Le mécano JC  est expert en la matière. «Il   n’y  a pas de problèmes mais des solutions.. » dirait quelqu’un.

« Tu te souviens, JC du jeune anglais équipé dernier cri que nous avons rencontré à l’entrée du camping de Figeac ? Nous aurions  discuté au restaurant, volontiers avec lui, mais il connaissait peu de français et nous pas assez d’anglais. »

«Te souviens- tu du couple de Canadiens, vélos pliants dans les bagages pour du tourisme en vélo entre Lot et Dordogne  un mois dans notre beau Sud Ouest puis PARIS. »

« Souviens toi, de ce jeune et grand Hollandais que tu as rassuré chez le cycliste peu aimable.

Il était heureux de nous montrer, cartes à l’appui, son itinéraire.

ANVERS – CHARTRES  en voiture CHARTRES - LOURDES aller/retour en vélo de route bien sûr ». Les conseils de JC nous ont valu un au revoir chaleureux.

Les rencontres de cyclistes hors GR 65 nous ont permis, s’il en était encore besoin, de dire que le tourisme en vélo, était une réalité.            

FIGEAC…CAJARC…LIMOGNE …VARAIRE   et enfin LABURGADE des noms bien connus, il nous semble être déjà chez nous. La route est encore longue et l’étape du jour fera 85km.  Nous prenons le café sur la place de CAJARC avec un marcheur qui pique-niquait

au bord de la fontaine asséchée,  économie d’eau oblige.  Tout roulait à merveille.

L’orage, que nous évitions depuis plusieurs jours, nous rattrape en cette fin d’après midi. A quelques centaines de mètres du village, nous sommes obligés de nous arrêter (tellement la pluie est forte et pour essayer de garder le plus d’affaires sèches ). Contre un de ces murets de pierres qui bordent tous les champs et chemins du Causses, nous nous blottissons, la cape tendue au dessus de nos têtes  en abri de fortune ; recroquevillés comme Hansel et Gretel.  Nous  espérons une accalmie pour  rejoindre le village de VARAIRE

L’eau ruisselle dans notre dos ; nos pieds commencent à être humides.

« Que faisons nous là, perdus dans la garrigue de chênes rabougris  à attendre la fin d’un orage , trempés sans savoir si le gîte pourra nous héberger, alors qu’un lit confortable nous attend  au bord de

la Garonne

? « Vous êtes fous,  diraient  quelques esprits raisonnables, vous l’avez choisi, ne venez pas vous plaindre maintenant. »  Toutes ces pensées traversent nos esprits.

L’orage se calme nous finissons d’arriver au village : quelques maisons, une église, un gîte et une cabine téléphonique. (Le téléphone portable de JC avait pris l’eau au début de notre randonnée).  La pluie a cessé et les villageois sont sur le pas de la porte pour commenter l’évènement. L’une nous propose une menthe à l’eau maison.

RECETTE : Faire macérer  dans la quantité d’eau de son choix quelques feuilles de             

                     Menthe. Servir frais.

Cette dame nous raconte quelques anecdotes du chemin qui passe devant sa porte. «  J’ai vu passer, dit elle, quelques vélos comme vous, des marcheurs bien sûr, trois handicapés avec des accompagnateurs,  parfois des gens avec un âne, une fois même, un chameau.

Son voisin nous propose de nous transporter jusqu’à  LABURGADE tant il doit avoir pitié de ces pauvres mendiants ou « traîne chemin ». Nous refusons et décidons de relever le défi d’arriver au gîte pour le service du dîner. Grand plateau,  petit pignon dans les descentes, l’inverse dans les montées, nous prenons des relais. Les quinze kilomètres sont parcourus à vive allure malgré la fatigue et le crachin qui n’a pas cessé de  tomber.

Dans le village avec son enfilade de puits, nous cherchons l’indication du gîte.

Trois kilomètres après, l’aubergiste sert une soupe fumante à la tablée de marcheurs qui dévorent le délicieux potage pendant notre douche. C’est le luxe ce soir : pas de tente à monter, un bon lit,  de quoi faire sécher nos affaires et  un bon repas !

Nous sommes une quinzaine à apprécier le cassoulet maison, on pourrait en douter, car il est au menu de tous les jours de la semaine et  six mois de l’année.

Le livre d’or peut en témoigner.

Posté par Robert Louis à 17:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Nous sommes le 20 juillet, jour anniversaire de Jean Claude 

La nuit a été réparatrice dans un bon lit. Quelques réglages et graissages et nous voilà repartis à la poursuite de notre copain de chambre, marcheur solitaire, et des trois couples. Nous laissons la famille (père, mère et deux filles) aux occupations matinales sans se presser. Notre hôtesse s’affaire à remettre tout en état pour accueillir les premiers  marcheurs  qui ne manqueront pas d’arriver vers douze ou treize heures avant les grosses chaleurs. Ils s’installeront et passeront le reste de la journée à profiter du cadre calme et sauvage de l’endroit.

Les derniers partis sont vite rejoints par nos destriers baptisés par JC  « intrépide » et «  téméraire ».

Les cavaliers calment le jeu. Très vite, les organismes soufflent et suent ; les machines souffrent et fument. L’homme seul est rejoint avant  la belle descente caillouteuse avec CAHORS en toile de fond.

Un arrêt chez le cycliste  s’impose avec le changement, par JC, du second dérailleur, mais pas une seule crevaison.

Surprenant ? Non !!!

Car nos engins ont été mis à rude épreuve.

Après quelques courses et un faux départ sur  le GR  32, nous avons rendez vous avec le GR 65  au pont Valentré. Un escalier effraie nos compères. Ils contournent la difficulté par le sud.

La montée vers LABASTIDE MURAT  devient un vrai calvaire. Sous un soleil de plomb, les cigales s’en donnent à cœur joie. Les cailloux glissent sous nos roues,  roulent  sous nos pieds. Notre visage rougi ruisselle, nos maillots sont trempés.

Pourquoi sommes nous là ?

Nous ne pouvons continuer ?

Appelons l’assistance

Encore quelques mètres et nous y sommes …

De l’eau, de l’ombre et à manger !!!

La cafetière bout,

Elle va exploser… !

JC s’arrête  « Je ne vais pas plus loin. Il faut manger. »

A cet instant, je crois bien qu’il faut abandonner.

Assis sur une pierre cherchant l’ombre de petits chênes, nous mangeons les provisions achetées auparavant.

Le linge sèche au bord du chemin.

Un marcheur, puis deux  continuent, imperturbables leur progression.

Quelque temps après, nous repartons et rejoignons nos compagnons au village près de l’église et du point d’eau.

Comme dans le désert, je suppose, nous avançons d’oasis en  point d’eau. Dans ces causses les puits, les lavoirs, les mares ou les retenues artificielles, les trous d’eau  revêtaient une importance insoupçonnée de nos jours où il suffit d’ouvrir un robinet pour avoir ce liquide précieux.

Notre progression  s’arrête  à la pompe qu’il faut amorcer, plus loin un village a aménagé un endroit avec point d’eau, toilettes et tables  pour le confort des pèlerins.

LAUZERTE prochaine étape est encore loin.

Le moral est revenu, nous ne pouvions abandonner. Il fallait toute la volonté de JC et la ténacité de RB pour continuer.

Un verger sur le bord droit du chemin, pas de cueilleurs à cette heure chaude du jour,

nous succombons à la tentation du fruit défendu : pèches et nectarines, bien que tièdes, nous régalent de leur parfum  et de leur goût .

Est-ce avant où après que JC a fait sa chute, la roue prise dans une ornière ?

J’aurais dû, moi aussi, être puni  pour avoir volé et mangé !!!

Nous cherchons dans la campagne vallonnée et luxuriante, contraste saisissant avec le causse que nous venons de quitter, la butte sur laquelle la bastide et place forte de LAUZERTE a été construite. Rien, toujours rien. Un petit panneau  au bord  du  chemin annonce 1152   « Nous sommes à un kilomètre » dit JC « Nous sommes à

1152 km

  de St Jacques de Compostelle » lui ai- je répondu.

Un camping qui ne mérite ni le nom ni les quelques pièces que nous donnons à regret à la tenancière, nous surprend par le manque d’entretien et de respect des campeurs. 

Heureusement que la voiture d’assistance nous rejoint. Elle nous apporte de la glace pour la cheville de JC gonflée depuis la chute et une paire de chaussures pour remplacer celles perdues sur le chemin.

Au restaurant sur la place des arcades de la bastide, un menu de fête et surtout la surprise d’un gâteau illuminé viennent marquer l’anniversaire de JC en charmante compagnie.

Posté par Robert Louis à 17:34 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Ce matin, 21 juillet, la cheville est douloureuse.

Je fais une immobilisation  de celle-ci

Nous prenons la direction  de MOISSAC à travers les vergers et les vignes du célèbre chasselas  du même nom.

Toujours tentés de manger des fruits frais, nous nous arrêtons dans une ferme.

Le propriétaire charge un fourgon pour le marché de BRIVE

LA GAILLARDE

Il nous donne (plus qu’il nous vend) plus de fruits que nous pourrons en manger ;

Avec la lucidité qui caractérise les hommes de terrain, il analyse la situation de l’agriculture d’aujourd’hui. Il a trouvé un compromis qui lui permet de  bien vivre semble t-il, de son exploitation.

Premier point, commercialiser sa production auprès de grossistes ;

Deuxième point, adapter sa production à la demande.

Un peu plus loin  prés d’une autre ferme, un stand  de vente  avec boissons (eau, café cocktail sans alcool) gâteaux aux noix, pruneaux etc.  en libre service avec le prix affiché.

Oui , sans  vendeur !

Ici,  sur le chemin,

il n’y a pas de voleurs.

MOISSAC

C’est une des journées les plus chaudes. Nous prenons notre pique-nique non loin de la cathédrale et de son cloître. La visite guidée nous fait découvrir la signification des chapiteaux.      

C’est aussi pour nous un havre de fraîcheur avant de repartir le long du canal latéral à

la Garonne.

En sortant de l’édifice, une chaleur accablante nous étouffe et nous oppresse. Las, nous nous laissons tomber sur les fauteuils à la terrasse d’un café, sur le parvis de l’église.

JC s’absente quelques instants, puis revient et dit sur un ton très révérencieux :

« Frère ROBERT  que prenez vous ? ».

Je lui réponds sur le  même ton : « comme vous Frère JEAN CLAUDE ».

On peut dire à cet instant que nous avons bien changé. Nous sommes bien loin du début ou il me disait trouvant des passages difficiles : « J’ai beaucoup à me faire pardonner ».   

Nous rejoignons enfin le canal que nous avons décidé de suivre jusqu’à TONNEINS. Le chemin, ancien chemin de halage, longe celui-ci pendant une dizaine de kilomètres. Puis il s’éloigne vers le sud en direction d’AUVILLAR.

Un peu avant VALENCE D’AGEN, nous nous arrêtons pour un brin de causette avec de jeunes marcheurs. L’un des deux nous raconte son itinéraire.

Parti seul du sud de

la Bretagne

, à pied non, devinez ? ….

En kayac par la mer en longeant les côtes, évidemment !

Jusqu’ou ?

A

LA ROCHELLE

La ROCHELLE

  -  CAHORS en auto stop.

CAHORS jusqu’ici puis ST JACQUES de COMPOSTELLE.

En nu-pieds comme les premiers pèlerins, il avait accroché les chaussures de randonnée sur le sac déjà lourd par lui même.

Nous terminons cette étape sans encombre.

                                          Heureux de ne pas avoir de difficulté pour demain

                                          Heureux de délester nos montures.

                                          Heureux de toucher la fin de notre aventure

                                          Heureux d’avoir réussi ce défi.

Posté par Robert Louis à 17:35 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Dernier jour, le 23 Juillet

Lever de bonne heure et de bonne humeur comme tous le matins, nous devons arriver pour le repas.

La portion herbeuse nous met en appétit pour le petit déjeuner pris à AGEN ;

Nous sommes presque chez nous. C’est l’occasion de se rappeler un raid en VTT où JC toujours lui, m’avait accompagné jusque dans le chef lieu du Lot et Garonne.

Nous roulons à vive allure  et atteignons rapidement BUZET. Le revêtement nous donne des ailes. Nous sentons peut être l’écurie comme nos « chevaux »  L’écluse de Saint Christophe est là ……..

6 km

et …… l’arrivée.

La foule va être le long de la route sur les derniers kilomètres.

La fanfare va jouer des airs de fête

J’entends déjà le commentateur vociférer dans son micro.

La presse sera au rendez vous.

TONNEINS, nous voilà

la ville est décorée, pas pour nous,

quelques rares âmes dans les rues se pressent. Il est 13 heures.

Nous traversons la ville,  une autre musique résonne dans nos têtes.

Des images fortes nous reviennent à l’esprit.

C’était dur, c’était bien, c’était beau …nous l’avons fait.

                    Merci  fidèle compagnon

                    A  deux tout a été plus facile

                    Nous avions  la même vision

                    Dans les moments difficiles.

                    Merci à mon courageux vététiste

                    Les réparations il  connaissait

                    Mais nous finissons chez le cycliste

                    Tant la mécanique souffrait

                     Merci à mon généreux copain

                     De savourer les belles montées,

                     Et déguster chaque jour notre pain

                     De chaleur, de sueur  cet  été.

                     Merci à l’ami

                     Car avec lui

                     Une bonne amitié

                     Une dose de volonté

                                                         

                                                                  Nous l’avons fait Jean Claude

                                                                            

                                                                                                                           Robert.      

Posté par Robert Louis à 17:35 - Commentaires [1] - Permalien [#]