28-11-2006

Troisième jour 

Nos vélos attirent  toujours,  ici un vieux  pédaleur est heureux de discuter de ses exploits passés et de prendre des nouvelles de notre itinéraire.

Le programme de la journée : 3 étapes de marche avec un dénivelé de

820 m

  soit 66km

« Journée test » lance JC. « Le troisième jour  est le jour le plus difficile «   lui rappelle RB

Comme chaque matin nous mettons rapidement pied à terre, nous poussons le vélo, notre visage ruisselle  de sueur, le sac à dos colle nos habits sur le dos. Le chemin  traverse,  longe  les pâturages. NASBINALS est dépassé.  Nous suivons les drailles, chemins bordés de murets ou de clôtures, pour la transhumance  des troupeaux sur le plateaux de l’Aubrac .

Les vaches de la race du même nom, au regard langoureux, sont plus occupées à brouter l’herbe qui jaunit, qu’à regarder les pèlerins passer. A l’une d’entre elles qui lève la tête, JC sous le charme,  adresse un «  tu sais t’as de beaux yeux » Elle semble apprécier le compliment  bien plus que le taureau  qui s’approche. Il y avait  un brin de jalousie, je pense.

Ayant quitté le chemin pour la route, nous rencontrons un équipage fort sympathique à l’ombre.

Un âne bâté, une grand-mère et deux petites filles ont du s’éloigner du sentier car leur fidèle animal, d’un âge respectable (14 ans) refusait de passer à certains endroits.

Quel plaisir d’imaginer les souvenirs qu’il resterait à ces deux jeunes d’une telle aventure !

Car la mamy nous apprit que le papy  avec trois garçons poursuivait le chemin jusqu’à  un rendez- vous  prochain.

Je me revois enfant. Je me souviens du  plaisir qui était le mien lors de jeu de piste organisé en pension. Ce n’était pas le bonheur offert à ces enfants par des grands parents attentionnés. J’ose imaginer un tel voyage avec une grand mère maternelle ou un grand père paternel que j’aimais beaucoup. 

Les fontaines différentes les unes des autres sont toutes fleuries. Notre provision d’eau est renouvelée à chacune d’elles.

  Un tapis vert à perte de vue, un peu vallonné, parsemé de blocs rocheux ou de quelques burons et fermes éparses viennent ajouter un charme. Le regard ne se lasse pas de contempler cette immensité.

«  Entre Nasbinals et Aubrac le VTT est rendu pénible par le passage de clôtures , dit le guide ? Suivez plutôt

la D

987 >> .

Comme tous les matins, réunion au sommet, guide en main, je propose à JC. le programme de la journée. Le directeur sportif propose à son poulain : première partie  sur le chemin (nous verrons bien pour les clôtures) , deuxième partie par la route AUBRAC – ST CHELY

Le village d’Aubrac planté au milieu des pâturages est une oasis pour les marcheurs et les touristes en voitures ou en bus qui convergent, en cette fin d’après midi bien grise. L’arrêt est de courte durée, le temps est incertain, il faut repartir.

La route, l’asphalte, la descente, nous dévalons chargés à 60 km/heure, ivres de vitesse, les yeux rivés sur la route mouillée et le chronomètre. Quel  bonheur !!!  le casque serait fort utile en cas de chute . Des raisons de confort, plutôt que d’esthétique, nous ont fait préférer la casquette plus adaptée aux fortes chaleurs .Après ST CHELY, le dérailleur de JC. fait des siennes. Un bout de ficelle, nous voilà repartis.

Malgré les ennuis techniques, la descente sur ESPALION  est un vrai régal de vététiste. Un parcours technique que nous négocions sans poser le pied à terre ou presque. Bien que fatigués, nos montures et leurs cavaliers évitent pierres et racines, sautent et dévalent  bosses et trous, virent et tournent à droite à gauche, les doigts rivés sur les freins. Le corps basculé en arrière nous  dévalons un dénivelé important  durant  30 minutes de plaisir.


Il nous reste quelques kilomètres le long du Lot. JC accepte non sans peine de  s’accrocher à mon épaule  ….son dérailleur, bien sûr, nous l’avions un peu oublié dans la descente.

Une piscine fermée, le camping, son aimable gérant nous attendent. Il est tard. Notre souci est la réparation du cycle à  ESPALION. .. Demain lundi tout est fermé. Dilemme : réparer … ne pas attendre  et tenir le contrat, finir à LECTOURE ou EAUZE dans le Gers.

Un réparateur sympathique et compréhensif ouvre aux deux pèlerins en galère. Trois photos d’une maison bourgeoise  et un beau pont, nous voilà repartis.

Nous devons manger …notre  « pain quotidien »

Soufflants, suants, il nous faut toute l’énergie pour franchir marches naturelles et lacets encaissés. Les marcheurs nous rattrapent pas peu fiers  de leur exploit.

Un pèlerin, d’un genre particulier, tractant une valise munie de bras , équipée d’une roue, nous dépasse aussi .La montée du matin à pied dure plus de 2 heures , seulement 12km  parcourus ; midi a déjà sonné depuis longtemps au clocher d’ESTAING,un des plus beaux villages de France .

Au bord du Lot, le pont romain, les maisons aux toits d’ardoise adossées  à l’église et au château donnent  à l’ensemble des allures de cartes postales.


Il est 13 heures passé, les troupes sont fatiguées. Il est vrai qu’un soleil plonge les gorges,  peu profondes  mais verdoyantes dans une léthargie pesante.

                  Après un repas rapidement avalé

                  Allongé Jean Claude s’est endormi.

                  La chaleur a cloué nos vélos aussi

                  Rien ne vient troubler la tranquillité

                  Seul  un oiseau  berce la sieste,

                  Plus bas un filet d’eau murmure

                  Des cris d’enfants  sur l’autre rive

L’endroit est propice  à la baignade et à l’abri de tout regard indiscret, car nous sommes

en tenue d’Adam .Quinze heures, le soleil est encore très très  chaud. Heureusement la route de la vallée  est ombragée. Nous n’avons plus d’eau, l’occasion rêvée pour questionner un paysan à la retraite. Il nous raconte le temps ou toutes les terres étaient cultivées. Il a même laissé sa vigne en friche et vit en ermite  dans la maison familiale. Un  jeune et grand éleveur de chèvres ou vaches, je ne sais plus, transforme le lait en fromage qu’il commercialise sur les marchés de la région. Il utilise  les terres les moins pentues, les autres ont été reprises par la nature.

Nous arrivons  à CONQUES, haut  lieu et étape incontournable du chemin de St Jacques. Le camping près de la rivière est au pied de la ville historique.

                                                                                        Bain et étirements,  nos corps sont ravis de tant de soins.

JC accepte, même,  pour la première fois les bienfaits d’un massage !  De quoi avait-il peur ???

Nous mangeons, comme chaque soir, au restaurant, seule entorse à notre raid en autonomie  avec la boisson anisée que nous nous accordons. Ce soir, la situation est privilégiée. Nous sommes assis à quelques mètres du parvis de la cathédrale  profitant du bout de l’oreille des explications très documentées d’un frère sur le tympan du portail d’entrée. Aussitôt qu’il a fini, nous entrons dans la basilique qui s’illumine et met en évidence chapiteaux et tribunes. Ce lieu de prières, où s’élève les sons d’un piano, d’un orgue et d’un violon, est propice au recueillement et à la méditation.

Posté par Robert Louis à 17:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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